MattMattéo, Troisième époque (août 1936) - Tome 3 - Scénario, dessin et couleurs: Jean-Pierre Gibrat - Edition: Futuropolis - Dépot légal: Novembre 2013.

1936, les premiers congés payés. Mattéo compte bien passer ses vacances chez sa mère à Collioure, auprès de ses amis Paulin, devenu aveugle lors de la première guerre mondiale et toujours fidèle au communisme, et Amélie, infirmière vivant désormais en couple avec Augustin, un intellectuel socialiste. Ils comptent bien passer de vraies vacances ensemble, des vacances comme sur les cartes postales: plage, promenades à pied, ballades à vélo, haltes au bistrot, etc. Au guichet de la poste, Mattéo va même retrouver Juliette qu'il n'a plus revue depuis bien longtemps et qui a un lourd secret à lui confier. Mais de visites en retrouvailles, le destin de Mattéo pourrait bien être transformé du tout au tout. Jusqu’à présent, il n’a eu aucune envie de parler de l'Espagne ni de sa position face au conflit qui s’y prépare. Mattéo s’est montré réticent à s’engager dans cette guerre civile qui s'annonce terrible pour son pays au moment où un pacte européen de non-intervention est signé. Sa passivité ou son pacifisme pur et dur face à ce drame lui viennent peut-être d'un manque de conviction mais peut-être aussi a-t-il de bonnes raisons ou des obligations pour agir ainsi.

MattMon avis: Ce troisième tome est de toute beauté. Coté scénario, J-P Gibrat ne laisse rien au hasard et le suspense est à son comble: que va faire Mattéo confronté à la situation de son pays? Qu'est-ce qui pourrait l'amener à s'engager dans cette terrible guerre civile qui s’y prépare? Rien de mieux que ce groupe hétéroclite pour se faire une opinion et échanger idées et points de vue. Si le récit est passionnant, les cases sont magnifiques au point qu’on regrette parfois de ne pouvoir s’y attarder davantage. J’avoue qu'il n'est pas aisé de lire cet album sans s'arrêter et profiter de chaque case. Il convient donc de le lire à une vitesse normale pour s'imprégner de l'histoire, puis de le refeuilleter à son aise pour apprécier les superbes illustrations de Jean-Pierre Gibrat à leur juste valeur. Il va de soi que cet album est à déguster sans modération.